vendredi 18 janvier 2013

Cinquante nuances de Grey, intéressant ?

Bon, je n'ai pas résisté à l'hypermédiatisation du roman "Cinquante nuances de Grey". J'ai fini par l'acheter et j'ai englouti les 550 pages en 2 soirées. Croyez-moi ce n'est pas l'intrigue qui m'a tenue ainsi en haleine, et pour cause il n'y en a pas. Je l'ai uniquement dévoré par pur voyeurisme.

"Cinquante nuances de Grey" n'est pas de la grande littérature, tout au plus un Danielle Steel (si j'étais méchante, je dirais un petit Marc Levy), aux scènes pornosoft et aux personnages caricaturaux.
La soumise, c'est Anastasia une étudiante sexuellement inexpérimentée et tellement crédule que ce n'est pas des fessées que l'on a envie de lui administrer mais des claques à chaque page.
Le dominant, c'est Monsieur Grey, de son petit nom Christian, mais attention, ce n'est pas le cri-cri d'amour d'"Hélène et les garçons", ah non, parce que si vous en êtes resté là, la transition risque d'être douloureuse (ma foi le terme est assez bien choisi) donc le Monsieur Grey (on va plutôt l'appeler ainsi hein ?) est milliardaire, extrêmement beau et monté comme un âne (une caricature je vous dis).

Au lit (c'est de moi dont on parle là, calmez vous, je ne vais pas vous lire un extrait comme ça à froid, comme l'a fait Roselyne Bachelot sur D8), bon je reprends, au lit, calée par les oreillers, j'étais absorbée par ma lecture depuis plus d'une heure quand ma moitié m'a apostrophée, un petit air amusé et sournois à la fois "Alors c'est intéressant ? " Ah on peut dire qu'il a le chic !
J'ai levé la tête et abandonné à regret mes personnages en plein coït (sachant que j'avais du me farcir plus de 200 pages de fadaises et autres mièvreries avant d'arriver enfin à ce passage croustillant) et j'ai tenté d'aligner 3 mots qui se tiennent pour lui répondre le plus aimablement et brièvement possible. Vous allez me dire que "oui" ou "non" auraient été les 2 termes les plus appropriés, mais enfin voilà, je voulais au minimum lui apporter une réponse argumentée. Et puis pour être tout à fait honnête avec vous, il fallait quand même que je retrouve mes esprits. Je ne peux pas passer du coq à l'âne comme ça. En l'occurrence ici c'était plutôt passer de l'âne au coq...enfin n'allez pas croire non plus que mon mari n'est pas bien memb... bref, oubliez.
J'ai donc levé la tête, tenté d'éviter son regard et j'ai bredouillé "Euh...et bien..euh...ouiii." d'une moue dubitative. Mon mari s'est contenté de ces balbutiements, trop content certainement, d'avoir fait par ailleurs son petit effet et je suis retournée à ma fornication littéraire.

Alors, ce roman est-il intéressant ?
Et bien, je répondrais non, mais par contre il a suscité mon intérêt. Un peu comme les émissions débiles que l'on regarde parfois à la télé, vous savez ces programmes qui décrivent des tranches de vie sur le vif ("Confessions intimes", "Tellement vrai"). C'est inintéressant au possible et pourtant on les mate (justement). On observe le comportement d'individus dans leur intimité, on compare leur quotidien au nôtre, parfois on se moque d'eux... Et bien voilà, "Cinquante nuances de Grey" m'a fait un peu le même effet. 
J'avais une vision très sommaire voire uniquement vestimentaire des sadomasochistes : combinaison en vinyle, robe en lanières de cuir, tenue de soubrette, après ce qu'ils faisaient au bal masqué, cela restait pour moi plutôt abstrait. Ce roman m'a donc donné un petit aperçu des pratiques SM, même si d'après les initiés, ce qui y est décrit est très gentillet par rapport à la réalité. Enfin moi, cela m'a bien suffit et loin d'être émoustillée, j'ai plutôt été écoeurée.
Rien que la fessée, j'ai trouvé cela très humiliant. Oui parce que la fessée de Monsieur Grey n'a rien à voir avec la petite tape coquine sur les fesses que vous avez pour habitude de recevoir de votre cher et tendre, dans la cuisine, entre deux plats. La fessée de Monsieur Grey est beaucoup plus musclée, insidieuse, cuisante et avilissante. Et je ne vous parle même pas du martinet, de la cravache, des cordages...et du reste. Non, tout cela n'est décidément pas pour moi. J'ai plutôt besoin de mots doux et de tendresse pour me laisser aller. Ah les bons vieux Harlequins, il n'y a que ça de vrai !


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