mercredi 15 mai 2013

J'ai testé le malaise vagal

J'ai testé le malaise vagal en long, en large et en travers (euh...rien de lubrique).


Le malaise vagal ou syncope neuro-cardio vasculaire (débrouillez-vous avec ça) est dû à une activité excessive du système nerveux parasympathique (non, aucun rapport avec le fait d'être trop sympathique). Il se traduit entre autres par un ralentissement du système cardiaque et une chute de la tension artérielle.

En fait, le malaise vagal c'est un truc tout bête qui fait que vous vous retrouvez, en quelques secondes, à l'insu de votre plein gré (comme disait le poète Richard Virenque) et sans combat préalable, K.O au sol. Lorsque vous rouvrez les yeux vous êtes généralement assaillis de questions par une assistance mi-voyeuse, mi-inquiète : "Ça vous arrive souvent ? ", "Vous avez mangé ce matin ? ", "Vous êtes enceinte ?"... qui s'improvise secouriste d'un jour : "Restez couchée", "Levez-lui les jambes", "Vous êtes un peu trop habillée là", "J'appelle les pompiers", "Tenez, buvez ça"...

Les malaises vagaux (et non vagals comme bancals, fatals, natals ...oui révisons ensemble le pluriel des adjectifs) peuvent survenir n'importe où (sinon, ce n'est pas drôle). Certains facteurs favorisent son apparition et comme je ne recule devant rien (enfin surtout comme je ne contrôle rien), je les ai testés pour vous.

L'émotion, oui parce que je suis une femme sensible

Dans mon lit, au réveil, je peine à ouvrir les yeux, du moins l'un deux. Je me sens bouffie. Je me lève, me dirige vers la salle de bain et croise mon reflet dans le miroir. "Miroir, mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle aujourd'hui ?" (oui, une femme au réveil est toujours très puérile). Stupeur, je suis monstrueuse. La paupière de mon oeil droit est couleur aubergine, elle a doublé de volume. Il m'est impossible d'ouvrir complètement l'oeil. Ma lèvre supérieure a subi le même châtiment, elle est toute gonflée, déformée par un affreux rictus. Je suis devenue une bête de foire (oui rien que ça). Mon visage d'habitude si délicat, si gracieux, si angélique, si frais (ben quoi c'était il y a quelques années) est ravagé...par deux piqûres de moustique. C'en est trop pour moi, ce spectacle me porte à l'estomac, je suis prise de sueurs et m'effondre.

La douleur, oui, sensible

Je viens d'effectuer des longueurs à la piscine. Alors que je grimpe à l'échelle pour sortir de l'eau. Je suis prise d'une terrible crampe à la fesse gauche. Ne rigolez pas ça fait fichtrement mal. Je m'extirpe néanmoins de l'eau avec élégance (j'étais à la piscine de Neuilly sur Seine, tout de même) et tente de rejoindre les vestiaires de la manière la plus digne qu'il soit (c'est à dire sans boiter du cul). La douleur est si intense qu'une fois de plus mes tripes s'en trouvent chamboulées, viennent ensuite les bouffées de chaleur. Le malaise est proche. Une douche chaude devrait apaiser la douleur. Sous le jet, je malaxe, pétris, compresse mon muscle fessier (et quel muscle !) mais rien n'y fait. Mon horizon s'assombrit, je m'écroule sur le carrelage.

La fatigue, le stress, les petits fours, le champomy...que sais-je ?

Je suis en séminaire avec tout le gratin du boulot. Nous dînons en extérieur (euh..il ne s'agit pas d'un pique-nique mais d'un dîner dans un restaurant au coeur d'une végétation luxuriante, c'est plus clair comme cela). Alors que nous nous apprêtons à déguster le plat de résistance, je suis prise d'une violente envie d'aller à la selle. Je me lève donc et me dirige prestement vers les lieux d'aisances (notez comme tout cela est si joliment dit). Comme nous sommes en pleine nature, ces foutues commodités sont très éloignées. J'ai maintenant la nausée. Je me sens subitement très fatiguée. Je vais défaillir. Je décide de rebrousser chemin pour rejoindre ma chaise. Et c'est le trou noir.
Je me réveille tout le monde s'agite autour de moi. J'ai les jambes en l'air alors que je suis en jupe. Ma première pensée est "Bordel, mais quelle culotte ai-je mis ce matin?" puis "Ouf ça va, je me suis fait le maillot". Je suis encore très pâle m'explique-t-on, pas question de me lever, ni même de baisser mes jambes (le spectacle doit rester entier), les pompiers ne devraient pas tarder.

Des moments comme ça, ma foi, il y en a eu pas mal : dans le métro un jour de grève, chez le bijoutier (je ne retrouvais plus le trou de mes oreilles, enfin les trous qui avaient été percés aux lobes de mes oreilles)...et j'en passe.



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